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Histoire des journaux gratuits

Environnement historique et déroulement chronologique

Rappelons brièvement l'histoire des journaux gratuits. Le premier éditeur d'un journal gratuit a été, selon certains, Henrik Wergeland, poète et écrivain norvégien qui a édité un journal gratuit destiné à la classe ouvrière après 1839.

Le 10 décembre 1887, à Bruxelles, est créé, par Emile Rossel et deux amis (naissance plus tardive du groupe Rossel en 1966), le quotidien neutre "Le Soir". C'est la première idée originale de journal gratuit et il est porté à domicile ! La première édition paraît en 1887. « Emile Roussel devient vite l'unique propriétaire, tiré à 60.000 exemplaires par jour. Il est gratuit à Bruxelles et payant en province. ». Ce journal devient payant quelque soit la zone de distribution en 1898.

« La presse gratuite existe en France sous sa forme moderne depuis les années 60, dans la Sarthe, où le Belge Marcel Timmers avait transformé des bulletins paroissiaux en journaux d'annonces et à Saint-Étienne où Maurice André avait expérimenté un hebdomadaire gratuit à base "d'information services" »

Il faudra attendre 1995 pour voir apparaître un nouveau format de journal quotidien d'information gratuit, et c'est à Stockholm, capitale de la Suède, qu'est imprimé à plus de 200 000 exemplaires le journal Metro. Uniquement distribué dans les stations de métro, il devient le deuxième journal de la capitale suédoise !

Metro ouvre donc la voie aux journaux gratuits qui vont se développer et se multiplier partout dans le monde. De ce développement massif - de la fin des années 90 et des années 2000 - vont naître des géants du secteur qui vont se propager et être distribués dans des dizaines de pays. En France la presse gratuite arrivera en 2002 avec l'arrivée de l'international Metro.

Une presse gratuite qui agace et dérange

Les journaux gratuits ont souvent essuyés les plaintes de la presse payante et des grands groupes de presse; la presse gratuite dérange et agace. Metro, à ses débuts en suède en 1995, faisait déjà grincer des dents. On pouvait alors lire dans Le Monde :

« Alors que les patrons de presse suédois ragent unanimement contre Göran Persson, ministre social-démocrate des finances, qui vient d'annoncer la création d'une TVA de 6 % sur la vente des journaux pour renforcer les recettes d'un Etat déficitaire, un nouveau quotidien à succès échappe à la gloutonnerie du gouvernement. »

Cinq ans plus tard, en 2000 au Chili, Metro a posé des problèmes sur bons nombre de points. Il dût être renommé en MTG pendant un temps, suite à une décision de la Cour suprême de Santiago, décision revue en appel mais Metro dût tout de même quitter le métro pour les abords de celui-ci. Cet évènement n'a pas détruit le quotidien, bien au contraire cela lui a permis d'augmenter ses tirages... Copesa et El Mercurio, avaient par ailleurs saisit la "Commission anti-monopole de l'Etat de se prononcer sur la création de quotidien gratuit". Selon Libération, il se posait également un autre problème dans ce pays, où à l'époque les quotidiens étaient ancrés à droite : la neutralité de ces journaux dérangeait !

Le quotidien gratuit Metro a soulevé les foules à chaque nouveau pays colonisé. Son arrivé en France en février 2002, ne fût pas sans problème... Une dizaine de jours après sa sortie le journal a été la cible d'un conflit avec les ouvriers du Syndicat du livre-CGT qui "demandent que le journal soit imprimé et distribué « dans les règles de la profession »", selon Le Monde. De plus "plusieurs colporteurs ont été, selon l'éditeur, agressés et ont dû être hospitalisés". Les gratuits étaient alors perçus par la presse payante nationale comme des dangers et jugés comme des journaux dévalorisant l'information.

Tous contre la vague Schibsted et Kinnevik

En 2004 c'est en Espagne que les grands groupes se sont sentis menacés par l'arrivé des journaux du groupe norvégien Schibsted et du groupe suédois Kinnevik, Recoletos (détenu majoritairement par Pearson (propriétaire des Echos)) a voulu lancer son journal gratuit et ainsi augmenter la part des gratuits dans son chiffre d'affaire, qui en 2003, représentait moins de 8% des recettes publicitaires du groupe et moins de 4% du chiffre d'affaire consolidé du groupe espagnol. En 2006 en France Vincent Bolloré lance "le premier journal gratuit du soir" il s'appelle : Direct Soir, on pouvait lire à l'époque dans Le Monde :

"C'est un journal de 28 pages qui est fait, contrairement à ceux du matin, pour être rapporté chez soi. Notre analyse, c'est que les gens rentrent du travail fatigués et énervés parfois, ils ont envie de savoir ce qui s'est passé dans l'actualité, mais aussi de se détendre."

L'alliance VillePlus, née de l'association de plusieurs groupes de presse, est devenu un pillier de la presse gratuite française, sans qui il n'est pas possible de pouvoir sortir un journal gratuit local, comme en a fait l'éxpèrience Le Figaro qui a abandonné le projet de créer un quotidien gratuit du soir sur Paris, faute de pouvoir adhérer à l'association des groupes français...

Le dernier née français nommé Direct Matin, arrive en 2007, il est ce que Direct Soir est au soir ! Créé par L'alliance Le Monde / Bolloré, il sera renommé Direct Matin Plus en 2008.

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